Projets d'agglo : impacts pour Craponne

Deux projets d'agglomération en matière de circulation routière sont actuellement à l'ordre du jour et méritent d'être examinés au regard de leurs impacts sur Craponne.

Déclassement de l'A6/A7 ; Renforcement du contournement Est

Au tunnel de Fourvière, le trafic se répartit aujourd'hui entre transits national et international et entrées d'intérêt local (agglomération) :

  • 15% de transit national et international. Cette part de trafic devrait être découragée par le parcours urbain de Perrache et reportée sur le contournement Est. Si elle ne l'était pas, au début tout au moins, elle entretiendrait un bouchon sur Perrache, où la circulation urbaine ponctuée de feux ne permettra pas des écoulements très fluides, ce qui aurait rapidement son effet dissuasif.
  • 85% restant à répartir entre transports en commun et le parcours routier actuel devenu urbain (tunnel de Fourvière puis Perrache) : en première analyse, la répartition serait de l’ordre de 20% sur les transports en commun, 65% pour les véhicules particuliers.

Pour réussir à réduire le niveau de circulation sur Perrache et le voisinage des berges du Rhône de sorte qu'il puisse être qualifié d'urbain, favorisant la vie de quartier, le déclassement de l’A6 doit s'accompagner de projets de transports en commun d’un niveau suffisant, qui soient à même d'aboutir à un vrai allègement de la circulation routière au niveau de Perrache.

Parallèlement, le déclassement va amener un report sur Craponne de flux routiers d'entrée sur l'agglomération venant du Nord et des vallées de l’Azergues et de la Brévenne, car le flux qui n'aura pas adopté les transports en commun (cf. ci-dessus : 65% du trafic actuel sous Fourvière) va en partie se diffuser sur d'autres itinéraires, du fait des difficultés nouvelles au niveau de Perrache.. Les transits via Craponne seront alors en augmentation.

Raison de plus pour une politique forte pour l’ouest lyonnais en matière de transports en commun, afin de capter le plus possible ces transits. En particulier, des parcs-relais doivent être construits : ils sont un maillon incontournable pour optimiser l'usage des transports en commun et maîtriser ces transits.

Le déclassement de l'A6/A7 impose une stratégie de développement des transports en commun pour l'ouest d'Ecully ; il impose aussi de renforcer cette même stratégie pour la périphérie à l'ouest de Craponne :

  • Développement des transports en commun,
  • Sans ouvrir davantage de possibilités routières : toutes les études montrent que le fait d’étendre l'offre routière va à l'encontre du développement de l'usage des transports en commun.

Anneau des Sciences

Cette dénomination a été donnée au projet de périphérique sur l'ouest de l'agglomération, de Tassin à Oullins et Gerland, destiné à mettre en place le périphérique complet dont l'agglomération ne dispose pas aujourd'hui. Essentiellement souterrain, il serait connecté aux réseaux routiers actuels au niveau de différentes « portes ». L'une d'entre elles, située à Alaï, concerne directement Craponne et toute une partie de l'Ouest lyonnais.

Certes, pour la Ville de Lyon, ce projet complète le dispositif du déclassement de l'A6/A7 : il permet de décharger Perrache d’une partie du flux routier local, celui qui entre sur l’agglomération (les 65% estimés ci-dessus du trafic actuel sous Fourvière), en la reportant sur des itinéraires desservis par ce nouvel ouvrage.

Mais quelles conséquences pour Craponne, située entre la porte Alaï et la périphérie Ouest ?

Nombre de Craponnois (et d’habitants de l’ouest lyonnais) y trouveraient avantage dans leurs déplacement vers le sud ou l'est de l'agglomération.
Cependant, comme toute nouvelle offre routière, l'Anneau des Sciences, en créant un appel, risque bien de contribuer à maintenir à un niveau élevé la part de la voiture par rapport aux transports en commun ; y compris bien sûr pour les transits à travers Craponne depuis la périphérie ouest.

L'encombrement de la commune par la circulation routière augmenterait inéluctablement si l'on n'applique pas très fortement les principes de limitation de l'offre de parcours pour les voitures conjointement au développement des transports en commun. Et finalement la traversée de Craponne s’en trouverait pénalisée, y compris pour les voitures se dirigeant vers l’Anneau des sciences.

Aussi, s'il est réalisé, l'Anneau des Sciences doit avoir pour vocation d'améliorer les conditions pour la part restante de trafic qui n'est pas reportable sur des transports en commun performants. Il doit faciliter les parcours intra-agglo entre ouest, sud et est ; sans attirer davantage de trafic sur le coeur d'agglo. Il ne doit pas conduire à maintenir une circulation routière qui pourrait être reportée sur les transports en commun. Ce qui implique de ne pas ouvrir davantage d'accès routiers à cet ouvrage.

  • L'Anneau des Sciences ne doit donc pas générer en amont plus de pénétrantes vers l'agglomération.
  • La Voie Romaine ne doit pas être une porte d’entrée à l’Anneau des Sciences ; les accès vers les entrées de l'agglomération ne doivent pas être multipliés.
  • La Voie Romaine ne doit pas contribuer à une nouvelle offre routière nuisant à la réussite d'une politique de transports en commun forte.